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DU BERGER
AU RETRIEVER
Il y
a 20 000 ans
que le chien est au service de l'homme,
mais 80 ans
seulement
qu'un médecin militaire allemand
a eu l'idée de
l'utiliser comme auxiliaire des aveugles
Les premiers Chiens Guides furent des Bergers,
en Suisse et en
Allemagne,
puis vinrent les américains et les anglais,
à partir des années
30,
avec le Labrador.
En France, il a fallu attendre les années 60
pour qu'apparaissent les premiers "artisans"
du Chien Guide avec Monsieur
Paul Corteville,
et ce n'est qu'à partir de 1981
que les chiens
ont été admis progressivement
dans les transports et lieux publics.
Goldens
Retrievers et Labradors
constituent 80% des Chiens Guides
que nous
formons;
Mais afin de satisfaire la demande,
nous disposons en complément
de quelques Bergers, et Caniches royaux.
UNE
FORMATION RIGOUREUSE
Les
chiots sont sélectionnés et achetés
à l'âge de deux mois et demi chez nos éleveurs.
Ils sont alors
placés en Famille d'Accueil
jusqu'à 12 mois,
et restent sous la responsabilité de l'École
où ils reviennent pour des périodes d'observations
ou de reprise en main.
Vers 10 mois,
le chien subit un examen vétérinaire complet
(radiographies, examen oculaire, etc...),
afin de le juger apte à devenir Chien Guide
Vers
12-15 mois, après sa formation en Famille d'Accueil,
il entre à l'École pour une formation intensive de six
mois.
A raison de trois heures par jour en moyenne,
il y apprendra les mots, expressions,
habitudes et comportements,
mais retourne le week-end en famille
afin de se détendre
et de poursuivre sa socialisation.
C'est
à l'issue de cette période,
que le chien sera confirmé Chien Guide,
et pourra être remis à un
aveugle.
Mais, malgré une sélection stricte chez nos éleveurs
et une formation
rigoureuse,
dans un constant souci
de ne remettre que des chiens de qualité,
exempts de problèmes médicaux ou comportementaux,
parfaitement compétents
et motivés par le travail,
Normandie
Chiens Guides se voit obligé d'écarter,
au long de ces années de formation,
près de 40% des candidats
à la carrière de Chiens Guides.
Ces chiens "réformés"
sont alors replacés par
l'Association
comme animaux de compagnie.
LES COMPLICES
Normandie Chiens Guides
ne "donne" pas un chien à un aveugle...
solution magique qui
règlerait
tous les problèmes du déficient visuel
en faisant abstraction
de sa situation
et de la personnalité d'un animal bien vivant!
Le futur Maître et le chien
sont préparés pour s'intégrer à une
équipe
qui sera bien plus que la somme de deux individualités:
Ils se
complètent, et deviennent complices.
Le chien apporte la sécurité, grâce à ses yeux
et à sa prodigieuse
mémoire.
Il a appris des dizaines de mots et expressions
qui lui
permettent de trouver
ce que le Maître lui demande
(les passages cloutés
pour traverser,
les portes ou escaliers,
le téléphone ou le guichet,
l'arrêt du bus, les sièges disponibles, etc...).
Sa compréhension et sa
connaissance
progresseront durant toute sa carrière.
Mais il ne faut pas confondre
confiance et inconscience:
C'est le Maître
aveugle, qui sait où il veut aller,
qui doit donc pouvoir se repérer et
piloter
en indiquant au fur et à mesure
les directions à prendre,
les
traversées à effectuer,
les types de montées ou de descentes,
grâce à
la formation à la circulation
en ville et à la campagne reçue dans
notre École.
CONVIVIALITÉ ET AMITIÉ
Celui qui hésitait
à s'adresser à un aveugle muni de sa canne,
va oser
s'approcher de lui,
lui parler de son chien et le caresser,
proposer son
aide
et répondre aux questions d'orientation.
Le
chien est le pont vivant
entre deux mondes.
Et puis, quand on est un peu perdu,
ou bien tout simplement stressé,
le chien est ce copain
auprès de qui on peut s'épancher
et reprendre confiance.
" Ma Liberté
s'appelle Ibis"
"Nous
demeurons à la campagne,
au bord d'une rivière,
et maintenant,
je peux me promener sans crainte et avec
plaisir
dans les petits chemins, dans les bois,
sur les routes sans
trottoirs.
Nous avons découvert Rouen ensemble.
Nous pouvons faire un kilomètre de terrains divers
pour prendre
un car, puis le train en gare d'Évreux,
négocier à Saint Lazare, et
dans le Métro parisien,
ne pas nous tromper de correspondance,
prendre le T.G.V. pour
Lyon,
reprendre le Métro et la correspondance,
et nous retrouver à Villeurbane
pour une réunion,
seuls,
grâce aux renseignements
fournis par les personnes rencontrées."
Extrait d'un article de Guy Piedefer
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